G1-Prat du Rey, crêtes des Aguillous Cabane d’Andorre
Trois saisons en une journée (se vêtir, se dévêtir, se revêtir)
Au départ du parc à bestiaux, 895 m, situé dans le cirque de Caucy, à l’ouest du Pibeste dans la vallée du Bergons, nous sommes sept marcheurs, trois filles Nadine, Sylvie D, Véronique, et quatre garçons, Christian, Claude, Jean L, Philippe.
En suivant une sente bien marquée, nous parvenons au soum Det Mont 1206m. Une vierge se dresse, admirant, depuis des lustres, son belvédère sur la vallée du Bergons, Argeles Gazost, le Viscos, le Cabaliros. Nous sommes tous en nage, trempé comme EN ETE. Nous nous dévêtons. Vers l’ouest monte déjà une légère brume. Nous ne trainons pas, adieu vierge et magnifique panorama. Nous prenons plein nord et traversons un petit bois, avant d’arriver au petit coL Soueilh, 1200m. Nous suivons Claude sur un sentier imaginaire, parvenons à un pierrier. Nous trouvons, sur la droite le chemin bien cairné, qui, entre rochers et plateaux herbeux, nous mène jusqu’à une cabane en ruine. Nous grimpons et juste avant d’apercevoir une brèche, un froid AUTOMNAL nous tombe dessus, nous obligeant à nous revêtir, coupe-vent, gants, bonnet, et le brouillard nous enveloppe. Nous distinguons à peine les amis devant nous, et finalement nous ancrons nos deux pieds sur les crêtes du Prat du Rey 1526 m. Nous serions rois et reines du monde si le paysage n’était pas englouti par le brouillard. Mais, el Rey Christian tient à vénérer le pylône qu’il admire tous les jours depuis chez lui, pour la photo, il faudra revenir !! On enchaine, l’humidité épargne encore les rochers dentelés de la ligne de crêtes. Nous marchons sur des parties étroites, saillantes, en sachant que de chaque côté il y a le vide. La prudence est de mise, le seul point de vue que nous avons : les semelles des chaussures de celui ou celle qui marche devant nous. Nous passons les crêtes des Aguillous sans les voir. Nous laissons nos crêtes dentelées, sans nous étaler comme des crêpes du même nom. Nous rentrons dans une forêt dont les arbres portent le balisage blanc et rouge du GR 101. Quelques gouttes commencent à tomber, nous prenons un sentier plein ouest, passons Escalla du Prat de Rey, 1400m, la pluie devient de plus en plus forte, et nous renonçons au soum d’Andorre. Nous atteignons la cabane, on s’engouffre à l’intérieur, un déluge s’abat alors sur le toit. Il est 12h, nous mangeons, bercés par le tambourinage des giboulées qui s’enchainent. 12H30 le calme est revenu. Nous quittons la cabane, un choucas nous accompagne, des chants d’oiseaux nous ravissent, et la pluie exacerbe les odeurs de la terre, celle du serpolet notamment. Le bois de Laurousse nous accueille, des hêtres majestueux, des rochers calcaires recouverts de mousse, quelques hellébores, des petites anémones blanches, quelques feuilles aux arbres, c’est LE PRINTEMPS, et la douceur du temps nous permet de nous dévêtir à nouveau. Mais prudence, les feuilles mortes nous offrent un tapis glissant, les racines et cailloux bien cachés sont autant d’embuches à surmonter. Furtivement une biche traverse le bois. Nous remontons 500m sur la route forestière, empruntée ce matin en voiture, la boucle est bouclée,755m et 9,5 km. Nous n’avons rien vu et pourtant c’est si beau par temps clair ! Mais l’important, n’est-ce pas se contenter de peu et jouir de chaque chose.
Une superbe journée que nous terminons à Lugagnan, petit café aussi sympathique que notre journée. Merci à nos trois animateurs, Claude, Jean, et Philippe.
Nadine
Dans la galerie les photos sont de Philippe Q.


