G1-G2 Pic du Cabaliros 23/10/15
Nos sympathiques animateurs ont changé la destination initiale vers le Port Vieux de la vallée d'Aure pour une ascension plus proche, celle du pic de Cabaliros : un coup de jouvence sans aucun doute ! Nous n'aurons pas à regretter cette modification qui nous a permis de contempler l'or des bouleaux et des hêtres peuplant les forêts traversées.
Après un regroupement sur la place d'Argelès à 8h40 (avec repérage du café qui nous accueillera au retour), les 6 voitures s'élancent vers Sireix avec à leurs bords 23 personnes (2 chiées + 1 en langage lpciste) émoustillées par le soleil matinal qui laisse présager une belle journée. Jean mène le convoi pour un parcours de 18 km : Arras puis Sireix où il s'agit de bien repérer la route encore goudronnée de la piste de la Curadère. Le panneau indiquant « Site de randonnée nordique de la Curadère » est-il encore en place ? Les couleurs automnales sont bien présentes : hêtres, bouleaux, fougères, bruyères, et autres arbustes déploient leurs habits de lumières multicolores : ce qui permet d'agrémenter les cahots de la piste qui est devenue bien caillouteuse pour les 5 derniers km. Les chauffeurs mettent tout en œuvre pour que leurs passagers soient convenablement bercés pour amorcer en douceur la journée. Dans un virage, de magnifiques chevaux tiennent un conciliabule, sans doute pour définir leur programme de journée, ne s'écartant pas spontanément pour nous laisser le passage. Heureusement, il n'y a pas que le G3 qui sait parler à l'oreille de ces compagnons de l'homme. Après quelques balbutiements émis par les passagers de la voiture de tête, ils nous font une haie d'honneur ayant appréciés nos objectifs pacifiques. Après quelques slaloms pour éviter les petites ornières, les voitures trouvent la belle esplanade repérée par les animateurs pour se parquer : la dextérité des lpcistes tant de fois remarquée est de mise pour éviter de poser le pied droit sur les cadeaux laissés par ovins et bovins déjà redescendus en plaine en grande majorité. Même les pieds gauches n'ont pas été mis à contribution.
Les discussions vont bon train pour savoir quels habits il faut endosser car la journée s'annonce ensoleillée, mais il faudra traverser des zones d'ombre avant d'atteindre les crêtes : alors chacun et chacune trouvent des compromis : de toute façon Freud disait à propos de l'éducation des enfants ce que nous avons tous expérimenté. Windows10 qui a fracassé l'ordi de Simone la tracasse : Fallait-il en rester à la version7 ? Oui pour les ordi anciens répondent les spécialistes : et nous à partir de quel âge sommes-nous obsolètes ? Heureusement chacun a reçu une potion de jouvence avec sa licence de LPC. Une fois les sacs chargés, les animateurs du jour (Christian aidé de Jean, Gaston et Jacques) nous dévoilent la stratégie d'attaque du Cabaliros : formation de 2 groupes qui ne sont ni G1 ni G2 quant au rythme de progression, alors Ga et Gb (pas Gébé!) par affinité ou autres critères à notre guise, avec un équilibre quantitatif. Les 2 groupes progresseront séparés par une distance de 100m. Il est difficile de percer le secret de ce dispositif : éviter l'aspect tribal d'un troupeau de 23 indigènes ? Développer l'intimité au sein de chaque sous-groupe ? Mieux surprendre ce pic pourtant réputé débonnaire par une attaque bilatérale ? Limiter les pertes si les vautours attaquent en escadrons redoutables ? …. A la fin de la journée, aucun participant n'a osé essayer de lever le voile. Toujours est-il qu'à 9h30 le Ga part en tête avec Jacques et Gaston suivi par le Gb avec Christian et Jean.
Nous progressons plein Sud, délaissant le trajet du retour et les crêtes de la Tucoy, sur les croupes herbeuses parsemées de schistes. Des nuages sont sur la plaine mais Pau, Tarbes sont visibles ainsi que dans le lointain les 2 modernes panaches blancs des tours de refroidissement de la centrale de Golfech. Lors des petites pauses, des vêtements regagnent les sacs pour en ressortir dès que le soleil reste planqué derrière les crêtes tandis que les grignotages passent de main en main. Effectivement il semble que l'attaque se fera en encerclant la face nord du pic par les côtés ouest en montée puis est en descente. Gb passe par la cabane d'Aurios pendant que Ga s'avance plus bas pour rester masqué pendant l'approche avant le sommet dont l'antenne joue à cache-cache. Gb mène vers 12h30 l'assaut final bien couvert par Ga en retrait. Décrit dans les guides comme facile, ce Cabaliros se mérite quand même avec ses 2334 m et son dénivelé positif de 840 m. Il peut se montrer désagréable comme en 1999, retenant pour la nuit un groupe de 3 randonneurs angevins heureusement sans grave conséquence.
Le panorama entrevu lors de la montée est bien conforme à sa réputation : l'un des plus superbes de Bigorre ! A côté des panneaux solaires alimentant une antenne pour le relais radio des secours en montagne, une table d'orientation érigée en 1909 permet d'identifier les sommets confectionnant le panorama à 360° : Jacques en a décompté 175 sur la table . Qui dit mieux en les dénombrant visuellement ? Personne n'a osé relever le défi. Grâce au temps très clair et aux connaissances éclairées de nos encadrants, nous avons pu repérer tous les sommets et pics qui se découpaient parfaitement du plus proche au plus lointain. Ils sont tous là bien visibles : dans le lointain, les illustres Montaigu et Pic du midi de Bigorre, ceux du Néouvielle, et les Vignemales vers l'est ; Balaïtous, Palas vers le Sud ; Ossau, Grand et Petit Gabizos vers l'ouest ; et plus proches Viscos, Ardiden, Péguère et Monné de Cauterets, le Moult de Jaut, le Pic du midi d'Arrens et vers le nord la crête allant de l'Estibete au Pibeste avec le soum de Conques (au programme de vendredi prochain?). Il convient de ne pas oublier les vues plongeantes sur Cauterets (et son laquet d'Anapéou : vert ou jaune n'est-ce pas Michèle ?), les vallées du Lutour, d'Argelès, d'Estaing et le val d'Azun et le Soulor. Le barrage de Migouelou se distingue dans la paroi. Nous imprimons dans nos cœurs ces inoubliables images que certains du groupe n'avaient pas entrevues lors de précédentes ascensions : nous vivons l'instant présent. Vraiment Simone a bien choisi sa 100è rando avec LPC : les vendredis d'Octobre 2015 sont remarquables. Notre secrétaire « adorée » nous distribuera des friandises pour marquer cette commémoration. La prochaine étape sera-t-elle à 1664 sorties ? On peut choisir moins ambitieux : 33 ? Y-t-il un tableau répertoriant les exploits des lpcistes ? Il faudra y penser bien que le débat est ouvert entre quantité et qualité ? Merci Simone d'avoir ouvert la voie.
La vue sur les hauts de la station de Luz Ardiden et celle de Cauterets amorce des discussions sur le projet de relier les 2 stations de ski : est-ce réalisable ? Une bonne solution ? Pourquoi ? Les arguments sont divers dans un contexte de réchauffement climatique…. Et quid du devenir des eaux thermales? Apparemment aucun des débatteurs n'ayant de responsabilités politiques dans ces instances, le climat reste serein. Il est temps de prendre le groupe en photo malgré l'absence de banderole : est-ce un manque sanctionné au règlement intérieur ? Un quidam de passage prend la photo sans avoir à requérir un dispositif technologique de déclenchement : un peu d'humain fait du bien ! Pendant ce temps un vautour tourne au dessus du groupe : est-il téléguidé par l'un des responsables pour inciter les lpcistes à ne pas musarder lors de la descente ? Ou s'intéresse-t-il à un petit chien noir venu en touriste et qu'il confond avec une marmotte ? Réponse dans un prochain numéro de la Dépêche.
Mais déjà les plus affamés se sont installés sur les pentes moelleuses face au nord. Il est inutile de redire que les victuailles personnelles déjà bien achalandées sont complétées par des « goutte moi ça » et « allez un petit morceau » distribués sans compter avé le sourire à domicile, le tout arrosé de rouges divers. Une nouveauté remarquée : un camembert au pays de la brebis. Après cafés, thés et gâteaux, la présentation du fonds de sac débouche sur la conformité ou non des matériels présents et des techniques d'assurage et d'éventuelle sauvegarde expérimentés lors d'une sortie précédente. Une formation harmonisera les solutions entrevues. Qu'est-ce que nous sommes bien sur les estives ensoleillées ! Il faut l'insistance des chefs pour décoller vers 14 h du toit du monde : pyrénéen en toute modestie.
Comme annoncé, le trajet de retour emprunte la crête du soum de Lat Dessus (2244m), se poursuivant par le Malinat (2200m) avant d'arriver à la croix du yougoslave (2180m), forgeron aux mines de Penarroya en souvenir de son évasion de l'Allemagne nazie en 1942. Une occasion de nous rappeler que le Cabaliros a abrité de nombreuses mines (Plomb, zinc, argent,….) de 1850 à 1970 avec toutes les infrastructures de l'époque (certains vestiges subsistent) et alimentant le pôle industriel de Pierrefitte dont la fabrication des batteries au plomb. Avant la descente, Gaston a confié une mission délicate à Rolland : « coller aux fesses de B. » pour mieux maîtriser le vide des abrupts de part et d'autre. L'ange gardien s'est acquitté de sa tâche avec tact, mais Françoise veillait d'un œil ! Après un arrêt pipi à la cabane d'Aurios, la descente se poursuit sous le flanc ouest du pic Arraillé. Les voitures en ligne de mire, une large piste nous tend les bras, mais au bout de quelque temps, l'esprit lpciste frappe à nouveau et la descente s'effectue tout schuss sur les pentes herbeuses pour atterrir au milieu d'un troupeau de vaches et de leurs mignons petits veaux nés récemment. Ah les pauvres, s'ils savaient ce qui les attend par la suite !
A 16 h sur le parking, la sueur est rangée dans les sacs eux-mêmes empilés dans les coffres. Jean et sa limousine noire guide le convoi jusqu'à Argelès en visitant cette fois Arcizans-Avant et son réservoir avant de plonger sur Lau Balagnas. Le bar habituel étant fermé, nous nous replions sur l'hôtel des Pyrénées un peu effrayé par l'invasion de tant de gueux, mais toutes les boissons arrivent sans encombre sur les tables alignées : les nombreuses et incontournables pâtisseries rivalisent. Michèle amorce la traditionnelle formule lpciste et universelle en pays de Bigorre « Joie, bonheur, prospérité, santé, amour, argent » …et …« Sexe » répondent en choeur les randonneurs du jour. Comme estrangers, nous pensons que sexe est une prononciation locale pour Sireix. Hypothèse à vérifier aux prochaines sorties. Contrairement à la sortie 1664, le compte est bon : ouf notre réputation est sauve. A 17h 30 la troupe s'égaille pour regagner ses pénates au terme d'une journée qui restera dans les annales.
Ceci est notre 1er compte-rendu lpciste, un bizutage ou une intronisation ? Nous avons été désignés à l'insu de notre plein gré lors de la fin de la rando par Christian que nous remercions avec les autres animateurs du jour, ainsi que tout le groupe pour les moments partagés depuis notre adhésion au club. Que du bonheur ! Au retour, nous mesurons mieux le privilège d'avoir vécu pleinement cette journée alors que des girondins à l'aube d'une journée prometteuse en réjouissances ont terminé leurs vies terrestres dans des conditions atroces. Une pensée pour eux et leurs proches.
Ga et Gb auront parcouru un peu moins de 12 kms et 900 m de D+ .
Sylvie et Jean Claude D.


