G1-Itinérance Estivale : LE tour du Mont Perdu
Col de Tentes, 7h45 du matin. Les 13 participants LPC sont au rendez-vous fixé pour cette 1ère étape de l’itinérance du « Tour du Mont Perdu ». Le jour se lève à peine sur un parking déjà bien rempli. Nous ne sommes pas seuls, de nombreux randonneurs s’affairent aux derniers préparatifs.
Le temps d’avaler un petit café et de faire la répartition des cordes, il est 7h00 et nous sommes fin prêts, comme prévu, pour entamer cette longue itinérance. Le ciel est dégagé, tout va bien. La bonne humeur du groupe est de mise, ce qui n’empêche pas de percevoir une pointe d’appréhension chez certains (es) sur les difficultés à venir.
Après une marche groupée d’échauffement de 1,5 km sur l’ancienne route dominée par les sommets du Taillon et du Gabiétou, nous arrivons au Port de Boucharo. Un petit nuage a décidé de s’y installer, mais pas de quoi nous intimider. Nous nous divisons en 2 groupes pour rentrer dans le vif du sujet et s’attaquer, dès le franchissement de la frontière, au premier escarpement rocheux qui nécessite l’aide des mains. Il n’y a plus d’autres randonneurs que nous-mêmes, la quasi-totalité de ceux rencontrés au col de Tentes ayant pris l’autre sentier qui mène à la Brèche de Roland et que nous emprunterons à notre tour, mais dans le sens inverse, dans 6 jours…. Si tout va bien !!!
Cela fait, nous progressons sur un sentier confortable qui nous laisse le loisir d’admirer vers le Nord, le massif du Vignemale. Mais très vite le confort laisse place à l’effort pour gravir « la Forqueta du Gabietou », une rude montée. Arrivés au col, nous découvrons un superbe panorama avec, à l’Ouest, le massif coloré de la Tendenera, éclairé par le soleil levant, et les falaises impressionnantes de l’Escuzana avec sa fameuse vire (Faja) que nous allons emprunter. Le passage parait improbable, et pourtant…..
Avant tout, il nous faut descendre à flanc de montagne sur un sentier escarpé qui requiert toute notre attention. Nous nous engageons enfin sur la vire qui se faufile dans les méandres calcaires de l’Escuzana. Les commentaires admiratifs avec force de superlatifs ne manquent pas. C’est impressionnant mais finalement plus facile que ce qu’on pouvait imaginer! Un petit passage délicat à franchir à l’aide des mains sur une dalle de 2 à 3 m de haut et nous accédons à la sortie de la vire, avec en point de mire le col d’Escuzana et encore une rude montée en perspective. Nous atteignons vers 11h00 le point culminant du jour à 2730m. Le panorama est grandiose avec la vue sur la face sud du Taillon, le Pico Blanco, Le Marboré, le Mont Perdu (3355m) que nous avons prévu de gravir après-demain. En contrebas, le canyon d’Ordesa et le village de Torla, point de chute de ce soir..
Dans la descente du pierrier qui suit nous apercevons quelques isards qui se profilent sur la crête. C’est ensuite l’arrivée sur le beau plateau herbeux d’Aguas Tuertas, endroit idéal pour un bivouac !! Mais ce n’est pas à l’ordre du jour et la préoccupation du moment, il est midi passé, est le choix d’un endroit pour le pique-nique. Nous jetons notre dévolu sur un superbe belvédère dominant le canyon d’Ordesa, à l’entrée de la célèbre « Vire des Fleurs » que nous nous contenterons d’observer de loin.
Nous entreprenons enfin la longue descente (près de 1000m ) qui doit nous conduire au fond du canyon. Mais pour cela il nous faut passer par les falaises du cirque de Carriata, ce qui n’est pas une mince affaire car nous devons trouver le bon cheminement au milieu de gros blocs de pierre sur une pente très abrupte (La cotation T5 est amplement justifiée !!!) et enfin franchir le «Paso de la Fajeta », passage horizontal impressionnant mais sécurisé par un câble fixé à la paroi. Au prix d’une grande attention, nous sommes finalement soulagés d’en sortir !! Le reste n’est plus qu’une longue descente sur sentier jusqu’au parking de la Pradera.
De là un bus-navette nous a conduit au charmant village de Torla où nous avons regagné le refuge « Lucien Briet », cher à Philippe (Lucien Briet, pas le refuge !). La douche et les rafraichissements divers et variés auront été particulièrement appréciés.
A noter l’excellent accueil et l’amabilité des responsables du refuge et le non moins excellent diner qui nous a été proposé avec choix des plats à la carte (la classe pour un refuge !), sans oublier le petit « digestif maison » offert ! Soirée conviviale et joyeuse pour conclure cette belle 1ère étape… Ca commence bien !!! Pourvu que ça dure …….Mais il est temps d’aller dormir avec de beaux paysages dans la tête !
RA
Après une bonne nuit au refuge « Lucien Briet » à Torla nous nous réveillons aux aurores pour ne pas rater le départ de la navette de 7h. qui nous ramènera au départ de notre rando au parking Pradera (altitude 1320m).
Les 2 groupes sont reconstitués et nous commençons notre ascension dans une superbe forêt de hêtres par le sentier des chasseurs, 700m de dénivelée par des lacets très raides. Nous restons vigilants aux chutes de pierre…
Nous débouchons de la forêt sur un promontoire « le Mirador de Calcilarruego » qui nous offre un splendide panorama. C'est l'occasion de selfies et photos de tout genre.
Nous continuons sur la faja de Pelay, sentier presque horizontal qui nous offre de nombreux points de vue sur la vallée d'Ordessa puis sur la cascade de la queue de cheval « Cola des Caballo » au niveau du cirque de Sosao ainsi que pléthore de fleurs sauvages et edelweiss.
Nous nous arrêtons à l'écart du chemin pour pique-niquer et admirer la vue. Après une petite sièste,nous reprenons notre montée sur le refuge de Goriz qui nous demande encore un petit peu d'endurance et de souffle.
Arrivée vers 16h, douche chaude et rafraîchissements gazeux bien mérités.
Superbe journée avec des vues magnifiques sur les plissements géologiques (les rides de la terre) du Canyon d'Ordessa.
1100m de D+ et 12 km par un temps très ensoleillé.
Sylvie et Christiane
La nuit a été arrosée de quelques gouttes et le ciel est bouché en ce mardi matin.
Le gardien du refuge qui accepté de modifier l'horaire des petits-déjeuners nous accueille dès 06h30 et nous nous retrouvons dans la salle à manger pour la collation matinale. Le café et le gâteau maison avalés, nous fermons nos sacs après y avoir enfoui le pique-nique.
Ce matin Jean n'a pas retrouvé ses chaussures. En lieu et place, les '' ex-pseudo '' godillots de JC trônent. Nous en sommes persuadés, il ne s'agit plus d'un échange fortuit. Une personne profite des refuges pour se chausser de neuf. Les commentaires sont acerbes et les fesses de l'auteur sont promises à quelques frictions. Avec un peu de chance, il sera aux Espuguettes ce soir ! Heureusement, c'est la même pointure.
La traditionnelle photo de départ a un air automnal. Nous avons revêtu nos vestes de pluie et couvert nos sacs. L'étape est l'une des plus difficiles. La longueur prévue de 14 km et le D+ de 1400 m sont les plus importants du parcours. Les organismes sont maintenant rôdés et avec entrain nous entamons cette 5ème journée. Pour gagner du temps, le briefing a été effectué hier au soir à l'ombre des peupliers.
Nous débutons par une marche d'échauffement sur un chemin (GR11) quasi plat et parallèle à la route. Il nous conduit sur le parking du camping à quelques centaines de mètres du Parador, souvenir de l'ère franquiste... Le fond de la vallée est proche et nous longeons les parois abruptes du cirque par une piste de ski Nordique. Sans effort nous venons d'effectuer plus de 3,5 km lorsque nous franchisons le pont sur la Cinca. De magnifiques cascades dévalent les pentes sur plus de 1000 m depuis le lac du Marboré.
Le petit groupe de jeunes Espagnols que nous croisons régulièrement depuis Goriz est déjà bien loin. Ils n'ont pas la même cadence que les '' retraités '' !
Les corps sont réveillés et nous empruntons un chemin après le pont. Il grimpe dans les noisetiers et les buis encore épargnés de la pyrale. Cet itinéraire étroit, référencé mais pas balisé, doit nous conduire au pied des parois rocheuses du cirque. Rapidement nous prenons de l'altitude et le chemin se transforme en sente puis disparaît par endroits. La pente est raide et après quelques acrobaties nous atteignons un semblant de plateau. Le chemin est là ! En fait, il s'agit plus d'une sente tracée par les animaux que d'un chemin de randonnée. La direction est correcte et nous naviguons entre les aubépines et les cynorrhodons, les '' grattes culs ''. Enfin la barre est en vue avec les premiers randonneurs qui sont déjà sur le chemin menant au Port Neuf de Pineta. C'est notre objectif pour la fin de matinée. Le ciel toujours couvert nous lâche par moments une fine bruine.
Le point de bifurcation avec l'itinéraire menant au refuge de Tuquerouye est en vue. Nous y faisons une bonne pause grignotage. Oui, la matinée a commencé par du '' jardinage '' ! L'essentiel est d'être toujours resté dans la direction de marche. Bien sûr, nous aurions pu prendre le chemin balisé qui depuis le parador mène à Tuquerouye, il fallait savoir que ce tronçon n'était pas entretenu...
À partir de cet embranchement les choses sérieuses débutent. Le chemin est balisé et '' cairné '' mais il monte, il monte et va monter encore. Nous franchissons les dernières pelouses avant de débuter la longue ascension dans le pierrier vers le Port Neuf. Sous l'oeil vigilant d'une chevrée d'isards et accompagnés des sifflements des marmottes les deux sous-groupes gravissent les marches des dernières barres rocheuses. En levant la tête on aperçoit une immensité de graviers gris orangé. C'est là-haut que nous basculerons en France !
Peu à peu, pas à pas, d'une petite cadence les randonneurs se rapprochent de l'objectif. La bruine n'a pas cessé et en abordant la proximité du col le vent gonfle les ponchos et autres vestes de pluie. Enfin ! Après des efforts soutenus nous dépassons la frontière à 2465 m d'altitude. La montée nous a marqués.
Le ciel toujours chargé et moins pluvieux nous permet d'apercevoir la longue vallée de Pineta mais aussi le col de Niscle où nous sommes passés la veille. On se sent bien chez soi ! Pour une fois le temps est meilleur en France qu'en Espagne. Le ciel nuageux est beaucoup moins menaçant.
La descente dans le cirque d'Estaubé se fait par un chemin bien marqué qui serpente dans les éboulis et autres chaos. La journée est bien avancée et une providentielle pelouse, avec en fond le lac des Gloriettes, nous accueille pour la pause déjeuner. Le pique-nique avalé nous faisons l'impasse sur la sieste car la température est fraîche en cette fin août.
La borne et le couloir de Tuquerouyre sont dégagés. Au sommet de la brèche, la forme arrondie du refuge est visible. Nous apercevons un groupe qui descend avec précaution. Un peu plus loin des Ukrainiens en recherche d'eau nous interpellent. Ils ont l'intention de se rendre à Tuquerouye ! Sur la même courbe de niveau le chemin, très roulant, nous conduit sur le versant opposé du cirque pour débuter la montée de la hourquette d'Alans.
Port – Col – Hourquette – Couillade – Courade – Commète – Porteille : des dénominations pour désigner sensiblement la même chose : abaissement d'une crête permettant de passer d'une vallée à l'autre.
Les 250 m de D+ sont vite franchis et apparaît le triangle reconnaissable du refuge des Espuguettes (Grottes). Puis après une pause à mi-pente, face à la barrière du cirque de Gavarnie, au pied des Astazou, nous arrivons au refuge. Nous sommes en terre connue. Noémie, la compagne du gardien est originaire de GER. L'installation et la toilette sont rapides. Seuls deux lavabos permettent une toilette de '' chat ''. La douche chaude est prévue demain soir à la maison ! Chacun peut prendre du temps de repos et commenter cette journée.
Après l'apéritif, offert par Nadine à l'occasion de son anniversaire puis une excellente daube nous profitons des chants en Gascon des enfants du refuge.
Et demain ? quelle météo ? annoncée défavorable depuis plusieurs jours, tout le monde a échafaudé des plans B. La prévision météorologique annoncée par le gardien permet d'envisager de fermer la boucle. Attendons le réveil !
D.R.
Les photos de Didier sont ICI
Le soleil éclaire déjà les sommets du Taillon lorsque nous démarrons la descente vers le refuge de Pailla à l'orée du bois du même nom.
Le rythme est ralenti par quelques ceps qui viennent narguer les spécialistes de la question.
Nous nous faufilons sur le chemin qui court sur la vire et rejoint l’hôtellerie du Cirque. Un petit arrêt à la hount Blanque pour observer les grassettes à feuilles longues qui digèrent les insectes piégés sur leurs feuilles.
Une petite pause nous permet d'admirer le cirque dont les sommets sont largement illuminés.
C'est le moment de se diriger vers l'Échelle des Sarradets, souvenir d'une randonnée LPC en 2018.
Les conditions sont parfaites : grand soleil, rocher sec et les conseils des anciens….
La montée vers les Échelles se fait d'un pas adapté. Les Échelles sont escaladées sans difficultés et nous permettent de rejoindre la combe qui mène au col des Sarradets. Au loin apparaît la brèche de Roland qui annonce la fin du périple. Nous prenons le pique-nique sur une pelouse avec une vue splendide sur les sommets du cirque.
Un dernier effort pour rejoindre le col des Sarradets et amorcer la longue descente vers le port de Boucharo atteint vers 16h.
75km et 6800m de D+ au total, un massif fantastique par sa variété et son originalité, classé au patrimoine mondial de l'humanité.
Philippe et Sylvie


