La Luquetoise _ Luquet (65)
Ami(e)s du jour, bonjour.
Aujourd’hui nous sommes passés d’un temps printanier à un temps estival, d’un coup ! et les organismes s’en sont ressentis ! Ca a traîné, musardé sur un chemin varié au départ puis plus ennuyeux en traversant les futurs champs de milhoc et ceux de pissenlits! Heureusement des orchidées ont égayé un peu la monotonie des paysages, car au loin les montagnes étaient embrumées.
25 LPC sont partis de la salle des fêtes de Luquet en commençant à longer le lac du Gabas, paysage rafraîchissant par ce temps orageux. Luquet vient de « Luc » ou bois sacré. Donc petit bois sacré !
Luquet fait partie avec Gardéres, Séron et Escaunets des nombreuses aberrations géographiques que connait notre pays.
Mais d’où viennent ces enclaves : un peu d’histoire tirée du site de ce village :
« Les enclaves datent du mariage de Talèse d’Aragon avec Gaston IV le Croisé en 1085.
Lors de son mariage avec Gaston IV le Croisé, maître du Béarn, Talèse, nièce du comte de Bigorre, apporta en dot la vicomté du Montanarès moins cinq paroisses, les enclaves actuelles.
La raison exacte reste inconnue, mais il semblerait que les relations étaient telles entre les comtes de Bigorre et Béarn qu’il fallait garder des espaces entre Pau et Tarbes pour espionner le Béarnais et éventuellement se défendre contre une attaque. Rappelons qu'à l’époque, la capitale bigourdane était Bigorra (Saint-Lézer), à cinq kilomètres de Montaner et que la capitale béarnaise était Morlaàs dont le rayonnement ne cessait de croître. D’où une crainte justifiée vis-à-vis du voisin béarnais.
D'autres raisons sont également envisagées : Le comte de Bigorre avait tout intérêt à conserver ces paroisses car elles étaient idéalement situées pour faciliter l'accès aux éleveurs bigourdans qui pratiquaient la transhumance et idéalement situées pour faciliter commerces et échanges pour le trafic du sel, l'exploitation du fer et la fabrication de charbon de bois...
La Révolution française aurait dû balayer ce particularisme. C’était compter sans Bertrand Barère de Vieuzac, qui en 1790 va militer pour la création d’un département des Hautes-Pyrénées. Tarbais d'origine, il ne veut pas que la Bigorre soit rattachée au Béarn. Mais, trop petite la Bigorre ne peut constituer un département ! En annexant des terres à l’Est comme la Barrousse et en maintenant les enclaves, partie inaliénable de sa chère Bigorre, le député peut présenter un département démographiquement viable !
Au cours de ces derniers siècles, on tenta bien de redessiner les territoires pour les rendre plus cohérents. Mais les habitants s’accrochent encore et toujours à cette survivance féodale. »
Après avoir musardé dans les faubourgs et ses constructions récentes, nous sommes retournés à notre point de départ après avoir parcouru 10023m et grimpé …..145m.
Encore une bien belle journée, en fort agréable compagnie. On en redemande.
Daniel B.
Photos : Lulu B. et Michel L.


