G1 SOUM BLANC DE SECUGNAT

En ce premier jour d’août de l’an de grâce 2014, c’est le cœur vaillant, la tête haute et le torse bombé que je me présente sur le parking du foyer pour ma première sortie montagne avec les LPC (Les Pieds qui Causent).

Arrivée à 6h50 sur le dit parking (premier exploit de la journée !), je trouve une petite poignée de marcheurs déjà sur les lieux. Mais où sont les 150 membres du club, me dis-je. On m’aurait menti ?!

Arrive finalement une autre petite poignée de marcheurs dont quelques visages familiers…

Ne sachant trop avec quel groupe partir et n’étant pas sûre des compétences physiques et intellectuelles requises à l’adhésion aux différents groupes, je décide de me joindre au groupe 1 qui, en toute logique, doit correspondre au premier niveau de difficulté du club.

J’apprends que le groupe 3 ne part qu’à huit heures ce qui me conforte dans l’idée que cela est tout aussi logique… Les meilleurs partent plus tard car plus rapides dans l’ascension des sommets !...

Mais assez tergiversé ! Je m’en vais vous conter succinctement (ou pas) la sortie du groupe 1…

Vous trouverez dans un premier temps la version édulcorée de la journée, à l’intention de ma mère, suivie de la version réelle des faits, entre parenthèses.

Nous sommes finalement sept à prendre la route, petit groupe dont je fais, entre nous, largement baisser la moyenne d’âge du haut de mes quarante ans !

Confiante (tétanisée), je monte à bord de la petite voiture (de la grosse cylindrée) de Jean, dont la conduite souple et tranquille (dont la conduite plus que sportive) n’est un secret pour personne.

Suite à un trajet effectué en toute sérénité (dans l’angoisse permanente), nous arrivons au point de départ de la randonnée où nous nous préparons à une petite promenade de santé (à une ascension plutôt bien classée sur l’échelle des sorties « qui envoient du gros » !!!).

Tous les marcheurs, à mon exception, se munissent de bâtons, hésitant même à prendre le piolet… Cela me conforte encore dans l’idée que je me suis bien jointe au groupe le plus faible des LPC, sinon pourquoi diable auraient-ils besoin de bâtons ?!!

Après la petite tasse de café qui va bien, (portée par mes soins histoire de faciliter mon intégration dans le groupe), nous entamons la montée sur un sentier on ne peut mieux balisé (inexistant !). Gaston et Christian n’ayant même pas pris de carte pour se repérer, je me félicite encore d’avoir choisi le bon groupe ! La rando doit être tellement fréquentée qu’ils n’en ont même pas besoin.

Après un début de balade relativement facile qui me met en confiance (grosse erreur ! Voir adage « reculer pour mieux sauter »),  nous progressons aisément (difficilement) le long du chemin (invisible à mes yeux !). C’est alors que Gaston et Christian sortent de leur poche des instruments dont l’utilisation m’est complètement inconnue… Ca ressemble fort à une Game Boy voire une Nintendo DS mais je trouve bizarre qu’ils aient amené ça avec eux…

Ils semblent se repérer grâce à cette petite merveille de technologie alors que je cherche désespérément des traces de marquages rouges et blancs, de marquages jaunes voire même juste de la présence de quelques cairns ici ou là… Bref, un signe infime de la présence hypothétique de baliseurs dans ce petit coin de montagne…

Ne voyant rien de tout cela, je décide de m’en remettre à l’expérience et aux compétences certaines de Gaston et Christian qui me disent suivre un tracé enregistré sur leur GPS (Gestion de Problèmes sur Sentiers !) dont Gaston s’évertue à m’expliquer le fonctionnement… Lâche l’affaire, Gaston, ce n’est plus de mon âge !

Et là, sous mes yeux ébahis, Christian et Gaston, (dotés indéniablement d’un don surnaturel leur permettant de trouver un itinéraire au milieu de rien…) nous entraînent dans l’ascension du Soum Blanc de Secugnat le long de lacets réguliers en pente douce (Tu parles ! A pic, tout droit, cash !!!)

En pleine force de l’âge, au mieux de ma forme (à la rue complet !) c’est sans difficulté que je prends la tête du groupe (en partant de la fin !) encouragée par mon coach Gaston, qui jadis vît mes premiers pas,… et s’apprête à voir mes derniers !!

D’autant plus difficile pour moi que je porte les sacs de Gaston et de Jean n’ayant osé m’y opposer lorsqu’on m’a dit que cela faisait parti du bizutage… Qu’est ce qu’on ne ferait pas pour se faire intégrer !! A la marche nordique, il y a quelques mois de ça, j’ai dû porter Gilbert tout le long de ma première sortie sous couvert du bizutage une fois de plus !!!

Revenons-en à nos vaches ! (On n’a pas croisé un mouton !!)

Après une quarantaine de mètres de dénivelé (environ 500 mètres) nous arrivons au pied d’une paroi rocheuse que nous caressons de la main comme à Lourdes (qui nous forcent à mettre les mains face à la difficulté du passage). Pour une première sortie, c’est vraiment complet ! Escalade, cardio, gastro(voir plus loin)… Ils sont forts au LPC !!!

Et là, après de minces efforts (au prix d’efforts surhumains !), voilà le sommet à portée de pieds !! Toujours derrière pour m’assurer que tout le monde suit (c’est ça le sens du sacrifice), j’ai l’impression qu’une main invisible recule le sommet alors que j’ai le sentiment d’en être tout près…

Mais j’avance (ou plutôt je rampe !) bien décidée à en découdre avec ce Soum Blanc de Secugnat de ----- !!! De là où je suis, je vois bien mes camarades de cordée (désolée, je m’emballe !) en haut du sommet… L’air est doux, une petite brise nous caresse l’échine alors que nous sommes bercés par le bruissement d’ailes des libellulles… (il fait froid, le vent s’est levé et l’orage gronde menaçant de nous réduire tous en cendres !...)

Alors qu’il ne me reste plus que quelques mètres à gravir… que j’y suis presque, que je m’apprête à crier « but » si fort qu’on va m’entendre jusque dans la vallée, mes premiers compatriotes, ayant revêtu k-ways et ponchos, rebroussent chemin m’entraînant dans leur sillon !

Christian me somme de rebrousser chemin à mon tour : «  Tant pis pour la gloire, au diable la fierté ! Suis-nous si tu veux sauver ta peau ! » J’avoue, c’est un peu romancé mais l’idée y est !!

Beaucoup plus à l’aise en descente qu’en montée comme mon père (fondateur des Lous Passa Camins en l’an dix avant Jésus Christ), je prends la tête du petit groupe (pour de vrai ce coup-ci) avec Christian et Jean Yves…

Craignant de nous voir finir grillés au sommet (dommage pour les vautours), Christian décide de redescendre au plus vite jusqu’au passage où nous avions mis les mains en montant. Il y en a eu plus d’un mais on ne va pas rentrer dans les détails. L’orage s’est éloigné et nous pouvons enfin nous restaurer au soleil s’il vous plaît !!! La météo en montagne est vraiment capricieuse !!

Et là, alors que je croyais avoir fait le plus dur… C’est l’heure du pique nique !... Jean Yves nous sort un breuvage étrange : du pamplemousse avec une sorte de jus d’orange sanguine… C’était rose en tout cas !

Puis Gaston fait passer des morceaux de melon avec un espèce de sirop de grenadine… Jean nous prépare des petits morceaux de pain avec du saumon fumé… (Royal !) et chacun savoure son petit en cas arrosé de deux bouteilles de jus de pommes vieilli en fût de chêne. Bien qu’au nombre de sept seulement, nous les finissons sans soucis. Il doit y avoir une histoire d’évaporation avec l’altitude ! Il faut que je me renseigne. Suite à quoi, Gaston nous propose une sorte de sirop contre les courbatures dans une petite fiole en métal… Mieux que le doliprane m’assure t-il !!!

Mais j’allais oublier… Lors de ce petit pique nique nous avons également eu la chance de déguster un met sans précédent : du fromage de brebis avec confiture de cerises sur tartine de main… et ce n’est pas une erreur de frappe !!! A rajouter dans le livre de recettes des Lous Passa Camins !

Repus, dans un état d’ébriété naissant, nous reprenons valeureusement la descente sans incident à l’exception de Jean, alias Pierre Richard, qui trouve le moyen de se retourner un ongle en faisant je ne sais trop quoi !! En langage moderne on appelle ça un « boulet » ! Suite à sa chute en vélo tout n’est pas encore rentré dans l’ordre !!!

Je passerai sous silence l’épisode où Christian somma Josiane de, je cite, « s’accrocher à ce qu’elle voulait » lors d’un passage difficile… Ceux qui n’étaient pas avec nous ne comprendront sûrement pas la teneur de cet échange ! Il fallait le vivre !

Sera passé sous silence aussi l’épisode où Jean, bandit dans l’âme, enfreignit les lois les plus élémentaires du respect de la flore en montagne en m’offrant pour m’encourager mon premier edelweiss… Heureusement que l’ancien directeur du Parc National des Pyrénées n’était pas parmi nous !!!  

La dernière demi-heure se déroula sans soucis sous une petite pluie fine nous caressant l’échine tels les brumisateurs sur l’autoroute des vacances (sous des averses de grêle nous ravageant l’échine) !

Nous arrivons enfin à la voiture, trempés mais sains et saufs !!! Le temps de revêtir des vêtements secs nous prenons la route en direction d’un petit bar où ils promettent la pression à deux euros entre 16 heures et 18 heures 30… Nous la sifflons sans peine dû encore à un problème d’évaporation en altitude !!!

Voilà ! C’était mon récit de ma première sortie avec le groupe 1 ! Il paraît que j’ai gagné mon passeport pour ce groupe… Bizarre c’était pourtant vraiment facile comme sortie !! Tu parles ! Sacré baptême de l’air, de l’eau, de la terre, de la roche et du feu !!!

Sportivement !!! Sachez que ce compte rendu m’a été exigé dans le cadre de mon bizutage.

     GB

 

complément d'informations

D+ 1083m  D-  1082m    12,6km   7h

le GB moustachu


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