Il est 8h50 ce vendredi 25 juillet 2025 quand le groupe s’engage rive droite du Bitet sur le sentier vers la prise d’eau, en parallèle de la piste forestière qui chemine elle sur le versant opposé.
La mixité de notre groupe de neuf LPC ne tient qu’à la présence de Florinda qui a comme les autres sorti vêtement de pluie et housse de sac.
Nous monterons sous les hêtres et les sapins environ trois kilomètres dans l’ambiance brumeuse et humide d’une condensation que les arbres nous renvoient généreusement en pluie fine.
Passée la forêt après environ cinq cents mètres de dénivelé nous attaquons un champ d’éboulis, royaume des rhododendrons qui cachent des trésors de framboises et de myrtilles.
Une vue partiellement dégagée nous révèle sur la droite les cascades d’Isabe qui dévalent la paroi sous les crêtes nord du pic de la Ténèbre toujours cachées dans le nuage.
Après quelques passages bien raides que nous gravissons avec les mains la pente se calme à l’arrivée au lac que nous découvrons à quelques mètres, sournoisement planqué dans le brouillard.
Il est presque midi, le temps est plus sec, les sacs sont vite déposés pour le casse-croûte et c’est en mangeant que nous admirons à l’occasion d’une trouée l’écrin rocheux qui enserre le lac d’Isabe. Derrière, le pic du même nom reste invisible quatre cents mètres plus haut sous son cocon ouaté.
Notre pause de cinquante minutes terminée nous nous ruons dans la descente. Les éclaircies nous laissent enfin entrevoir le paysage somptueux alentour jusqu’à la cabane de Cujalate au font de la vallée du Bitet et le Pène Hourque qui la domine loin derrière au soleil. Au passage nous contemplons encore les cascades d’Isabe qui blanchissent les roches sombres et chiffonnées du Dévonien, elles mêmes dominées par les majestueux aplombs gris clair du Crétacé, plus jeunes d’environ deux cent cinquante millions d’années et qui font la crête, redressés à plus de quarante cinq degrés vers le ciel. A leur pied vers le nord un troupeau paresse au soleil sur le plateau de la plaine de Characou.
L’arrivée à 15h10 aux véhicules se fera finalement par la piste forestière, un tout petit peu plus longue que le sentier, pour dégourdir les jambes.
Cette belle randonnée de 9,6 kilomètres et 962 mètres de dénivelé cumulé sera dûment célébrée à la terrasse ensoleillée de la Caverne aux Eaux Chaudes. Merci à François-Xavier qui signe là la troisième épreuve de son cursus au Brevet Fédéral, à Denis qui le coache et à Jacques notre serre-file.
JPL
Les photos de Gilles : ICI