G2 - Pic de l'OURLENE - 12-10-18

12/10/2018: Pic de l'Ourlène depuis le col de Marie Blanque

 

  Les données du jour (moyenne de différentes sources) : 12km pour 840m D+ t 1040m D-; indice IBP = 92; cotation: E4/T5/R3

 

   Aujourd'hui le G2 a enfin réalisé une randonnée programmée antérieurement et annulée par mauvais temps; nous avons bien pensé à notre président qui l'avait préparée...peut-être le CR accompli à venir en parlera plus amplement...les chevilles ont du grossir !

    C'était une randonnée innovante, une première à LPC; aujourd'hui, par un très beau temps, ce fut la parité parfaite: 9 dames, 9 messieurs; nous avons aussi bien pensé à l'un des animateurs qui devait conduite cette randonnée (GB) et qui, pratiquant des sports à démarrage violent, a vu dans la semaine sa musculature d'un membre inférieur défaillir !!! 

    Une nouvelle pratique a été testée avec succès aujourd'hui: le STOP pour le retour des chauffeurs aux voitures; en effet, l'un des sentiers prévu pour la descente s'étant avévé introuvable et inexistant (les sentiers pratiqués aujourd'hui ne sont pas des "voies royales" et sur ce type de terrain forestier bien pentu, peu fréquenté, c'est souvent synonyme de peu d'entretien et de disparition), il a fallu innover "sur le tas" et descendre vers la D294 menant vers Escot, mais plus bas que le col !!! 

AC

 

PHOTOS DE MARIE-CLAUDE : ICI

PHOTOS DE PATRICK : ICI

 

          ...Pour résumer, ce fut une rando de pentes raides en dévers, et d’herbes hautes inamicales…

Un petit « aller-retour » dès le départ pour prendre le « bon » chemin. Très vite il faut passer au-dessus d’une barre rocheuse, en empruntant  un sentier… qui n’existe pas ??? ou dont nous avons égaré la trace ??

Mains crispées sur les herbes et jambes en compas grands ouverts pour se hisser sur des rochers plus ou moins sûrs, à genoux avec prières ou jurons bien choisis, solidarité avec « pousse-aux-fesses » ou paroles encourageantes et rassurantes…  +  quelques  vagabondages d’esprit pour dire « OUF !! !»

 « Le courage c’est avoir peur et avancer quand même », «Drin que va, trop que harte » et « Pierre qui roule n’amasse pas mousse » …

Quelques dizaines de minutes plus tard, l’obstacle est franchi.

Peu après, dans un bois assez dense, on salue la fontaine de Houndagnère, en bordure d’un vrai beau sentier bien tracé…

 Longue traversée de la forêt aux couleurs chaudes de l’automne, avant d’attaquer une bonne montée qui nous permet d’atteindre les premières crêtes du jour. Un très beau spectacle nous attend avec pic d’Anie et consorts. Crêtes qu’il faut suivre longuement pour atteindre le point culminant de la randonnée, le pic de l’Ourlène (1813m).

Là-haut la vue à 360° est superbe : l’Ossau « ennuagé », le Pic du Midi « dégagé », les vallées d’Aspe et d’Ossau à nos pieds et le piémont avec Pau Tarbes et Oloron à portée de main.

Pour éviter les difficultés du matin, le retour s’effectue en continuant le sentier longeant la fontaine de Houndagnère…. qui nous conduit, bien après, sur la route du col de Marie-Blanque, côté vallée d’Aspe, 2 km plus bas que nos voitures. Albert, qui a plus d’un tour dans son sac, lève le pouce et arrête prestement un gentil basque de Bilbao, en partance pour le Vignemale. Il conduit les chauffeurs du groupe en haut du col afin de  récupérer leurs véhicules.

Le pot de l'amitié à Louvie-Juzon sera très gourmand (tourte savamment parfumée, petits sablés, flan pâtissier...) comme l'a été le pique-nique (cookies, crêpes, chocolat ...) !

Belle rando pleine d’émotions et d’imprévus, et merci aux guides du jour, Agnès et Armand.

JetS L

Le monologue deTrufandèc,

le vautour de la vallée d'Ossau

 

Ce matin, je vais faire un tour du côté du col de Marie-Blanque. Les troupeaux sont descendus dans la plaine, tout est tranquille ici.

Je vole, je vole, je plane...Quel bonheur !

De courte durée, le bonheur ! D'abord ce gros oiseau bizarre qui fait un bruit assourdissant...puis un convoi de voitures et des bipèdes qui s'affairent autour. Je sais ! J'en ai déjà vu de ces bipèdes : ils chargent un sac qui semble bien lourd sur leurs épaules et grimpent, grimpent ...tout ça pour, arrivés au sommet de la montagne, s'asseoir en troupeau et dévorer tout ce qu'ils ont eu tant de mal à monter ! Je me complique moins la vie quand je décide de me nourrir ! Moi, je plane et je fonds sur ma proie!

Les voilà qui s'aventurent sur le sentier de gauche. Un coup d'aile à droite, je vole, je vole.

Mais où sont-ils passés? Tiens, ils ont fait demi-tour. Déjà de retour? Mais non ! Ils prennent à droite le sentier un peu boueux. Ils avancent d'un bon pas, de vrais montagnards sans doute.

Je vole, je vole, je plane....

Bizarre...de mémoire de vautour, personne n'emprunte plus ce chemin depuis belle lurette. D'ailleurs, de chemin, il n'y en a plus me semble-t-il.

Je les ai encore perdus au milieu des frondaisons. Où sont-ils ? Les voilà qui se dirigent vers la barre rocheuse. Nooon ! Ils ne vont pas le faire ! Je vais descendre un peu plus bas, je veux voir ça de près ! J'arrive même à capter quelques sons: "Atten-tion- tion -tion", "JerestICI", "MaMAAAN!!!", "Drinquevahèraqueharta". Mais le plus surprenant, c'est de les voir progresser. De bipèdes ils se transforment soudain en quadripèdes. Pas des isards quand même, ils manquent un peu d'agilité. Encore un petit tour pour voir cette lente caravane.

Je plane, je plane..mais eux, ils n'ont pas l'air de planer !

Ouf, les voilà sortis de la forêt, ils ont trouvé un sentier. Il y a bien deux heures qu'ils sont partis et ils sont montés de combien ? Bof ! Cent mètres à peu près. A mon avis ils se dirigent vers le col de Serrisse et peut-être vers le Pic de l'Ourlène. Ils ne sont pas encore rendus !

Bon, je vais me dégourdir un peu les ailes pendant qu'ils grimpent à travers les hautes herbes bien glissantes. Je les retrouverai tout à l'heure près des crêtes.

Je vole, je vole, je plane...

Je suis seul et admire le pic d'Anie et les orgues de Camplon là-bas, dans la vallée d'Aspe et de la Pierre Saint-Martin. Un peu plus près, la table des Trois Rois et la forêt qui prend ses couleurs d'automne.

Mais les revoilà . Ils grimpent, ils grimpent, un peu dispersés, les uns en bordure des crêtes, les autres un peu plus bas. Le soleil a dépassé le zénith depuis longtemps, ce qui explique sans doute qu'une partie des bipèdes s'arrête. Ils se libèrent de leur sac tandis que les autres, comme je le prévoyais vont gagner le sommet du Pic de l'Ourlène.    

Je vole, je vole,  pour admirer tout seul du haut du pic, mon pays, le plateau du Bénou, le rocher d'Aran et la plaine lointaine.

Je vole, je vole, je plane..

Mais ces bipèdes-là ont piqué ma curiosité et je veux assister à leur descente. Quand je reviens ils sont de nouveau sur les crêtes et avancent d'un bon pas et sans encombre. Mais voilà les redoutables pentes herbeuses. Et de un qui se retrouve avec l'arrière-train dans une motte, et de deux, de trois..., une fois, deux fois... mais tous se relèvent bien rapidement. Contrairement à la montée, tous sont armés de leurs deux bâtons et en font bon usage semble-t-il !

Bon ! rien de très amusant maintenant: ils ont trouvé un sentier et descendent, descendent. Je ferais bien de rentrer, il se fait tard.  Pourtant je m'interroge : ce sentier ne mène pas à l'endroit où, ce matin, je les ai pris en filature. Je sens qu'avec ces bipèdes-là, je ne suis pas au bout de mes surprises.

Je vole, je vole, je plane... jusqu'au bout du sentier qui débouche sur la piste aux voitures. Ils ne tardent pas à arriver et là, je n'y comprends plus rien ! rien de rien ! Au lieu de poursuivre sur cette piste bien nette, bien délimitée les voilà qui stoppent net. Vont-ils passer la nuit là ?  Pas tous, puisque quatre d'entre-eux arrêtent une voiture, provoquant par la même occasion un attroupement d'autres voitures qui ne peuvent plus passer. Mais, ai-je bien vu ? Ils s'enfuient à bord de la voiture ? Non ! je n'y crois pas ! Des dissensions chez les bipèdes ? Les autres restent au bord du chemin par petits groupes. Ils sont trop bizarres, je m'enfuis vers le sommet du plateau.  

Quand je reviens, plus personne si ce n'est une voiture au bord du chemin

tellement au bord qu'elle ne peut plus en sortir et alors là, je finis par m'inquiéter : serais-je victime d'hallucinations ! Je me frotte les yeux du bout de l'aile. Oui, j'ai bien vu : trois bipèdes féminines, j'ai bien dit fé-mi-ni-nes sont passées derrière la voiture et, d'un même élan, ont renvoyé la voiture sur sa piste puis sont montées à bord !

Quelle journée, il est temps que tu ailles dormir, mon pauvre Trufandèc.

Et je vole, vole pour me remettre de mes émotions.

 

Trufandèc

 

AB

(Le trufandèc est un lutin gentiment moqueur, de la mythologie pyrénéenne ;-)

 



Ajouté le 12/10/2018 par AC JSL AB - 0 réaction

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