LA ROUTE DU FLYSCH A ZUMAIA (Grandes marées 2018)

89 participants (50F, 39H) : dont 66 LPC, 12 Menditalde de Bidart, 11 Rando Plaisir de Biarritz

Très beau temps, coefficient de marée : 110, vent assez fort au  départ à Elorriaga, puis calme après.

3 groupes de randonnées

Flysch et falaises magnifiques

Repas au restaurant Marina Berri à Zumaia

SORTIE GRANDES MAREES A ZUMAIA (Pays Basque Espagnol) 3 Mars 2018
 
89 participants! Difficile de faire  mieux sans créer des bouchons sur les sentiers.
On était 66 venant de LPC et les 23 autres étaient des randonneurs des clubs de Bidart et de Biarritz qui nous ont fait le plaisir de se joindre à nous pour la sortie.
Trajet en bus agréable depuis Ger avec pauses à Soumoulou et Lescar pour ramassage et une pause à l’aire de service de Hastingues pour le petit déjeuner.
Nous sommes arrivés au parking d’Ellorriaga, point de départ des balades, vers 10h sous un ciel d’azur magnifique et un petit vent justifiant quand même de se couvrir.
 
Les G2/G3 se sont scindés en 2 groupes, le premier  descendant sur la plage de Baratzazarrak à proximité pour admirer de près les "piles d’assiettes » du flysch, alors que le deuxième groupe les a vues de plus loin depuis le Mirador du Flysch. A noter que les couches de flysch sont bien dégagées car la marée est très basse - on est pleine lune.
Les deux groupes ont suivi le même sentier ensuite jusqu’à Algorri et l’entrée de la ville de Zumaia (ou Zumaya).
Les G4 ont également apprécié la vue depuis le Mirador avant de reprendre le bus pour Zumaia où ils ont rejoint les deux autres groupes devant le flysch de couleur rougeâtre d’Algorri.
Pour les G2/G3 la balade, somme toute assez facile, a permis des vues magnifiques d’une part vers les falaises et les plages vers le nord,  et d’autre part vers des panoramas larges et somptueux vers le sud.
Les premiers nuages ont commencé à faire leur apparition juste au moment où nous nous sommes engouffrés dans la salle de restaurant Marina Berri à Zumaia où un repas bien sympathique nous attendait.
 
L’excellente ambiance de ce repas a été quelque peu refroidie par le malaise qu’a subi l’un des nôtres. L’attente des secours a été plus longue que nous aurions tous souhaité mais ils ont fini par arriver. Il a été transporté à l’hôpital de Saint Sebastian où les analyses nécessaires ont permis de nous rassurer.
 
Quelques commentaires techniques du géologue que je suis sur le flysch de Zumaia :
 
Les piles d’assiettes sont un phénomène qu’on peut observer sur une bonne partie de la côte basque française et espagnole. On les voit aussi très bien au Nord de St Jean de Luz et au sud de Biarritz.
Le terme flysch est assez ancien mais leur mode de déposition n’a été comprise que vers les années 70 grâce à la mise en évidence de la tectonique des plaques qui a complètement révolutionné la géologie.
Il s’agit d’une alternance  assez monotone d’argile (assez fragile) et de grès ou silt (assez dure). L’érosion de la mer a éliminé beaucoup plus d’argile que de grès résultant dans l’apparence d’une pile d’assiettes.
A noter que la couleur rougeâtre du flysch d’Algorri est liée à la nature ferrugineuse des roches qui ont été érodées à la source.
 
Le flysch a été déposé dans un océan profond de plusieurs milliers de mètres et est le résultat d’avalanches de sédiment provenant du plateau continental de faible profondeur. Ces avalanches dévalaient la pente vers les abysses, et, au fur et à mesure que l’avalanche progressait, elle perdait de l’énergie et déposait d’abord les débris les plus grossiers (galets et sable grossier), puis les sables fins, finissant par déposer l’argile en fin de course. Ce que nous voyons avec les piles d’assiettes : ce  sont des pulsations d’avalanches sous-marines plus ou moins fortes en lien direct avec le climat sur terre.  Les pluies et les rivières qu’elles alimentent sont le plus souvent à l’origine des avalanches. Parfois ces pulsations sont également le fruit de séismes qui ont déstabilisé les dépôts sur la pente. Les couches de sable correspondent à des pluies/orages fortes  et les argiles à des périodes de pluies moins abondantes.. Un séisme peut générer des couches exceptionnellement épaisses ou composées de matériel plus grossier.
 
Les géologues donnent un nom plus scientifique au flysch - les turbidites, par référence à la nature tourbillonnante (on dit courants de turbidité) des avalanches sous-marines. Plus  le courant est turbide et rapide, plus il peut emporter de gros éléments.
 
L’épaisseur totale de ce flysch peut atteindre des milliers de mètres ! Ensuite, lors de la rencontre des plaques Ibérique et Européenne, le flysch a été comprimé et redressé jusqu’à ce qu’il arrive en surface plissée et presque verticalisée tel qu’on le voit aujourd’hui. Tout cela  s’est passé entre 100 millions d’années pour le début des dépôts et 50 millions d’années pour la verticalisation. Si vous avez regardé les tranchées d’autoroute près de notre zone de balade vous avez sûrement vu que l’angle  des strates est très variable et on voit clairement de jolis plis par endroit.
 
 
Et un petit dessin?
 

 

Alan MITCHELL

 

Photos dans la galerie : Yves D., Daniel B., JYSC

Photos de Simone  : ICI

Photos de Jean L : ICI

Photos de Pierre : ICI

Photos de Lysiane : ICI

Photos de Gilbert : ICI

Photos de Alan : ICI



Ajouté le 03/03/2018 par AM - 0 réaction

Réagir


CAPTCHA